Balade sensible exploratoire, Bordeaux
27 juillet 2017

Workshop de cartographie sensible – Ile de Nantes (Stéréolux)

Chronologie générale:

J’ai été contacté au début de l’été 2018 par François Déalle-Facquez de la revue Sur-Mesure pour savoir si je voulais co-concevoir un atelier et un workshop de cartographie sensible de l’Île de Nantes. Ceci dans le cadre d’un cycle d’évènements intitulé « Ville (in)visible » et organisé par une fameuse institution culturelle Nantaise, Stéréolux. Quelques mois avant j’avais eu l’occasion de tester, cette fois-ci en tant que participant, l’atelier de Cartographie subjective, que la revue Sur-Mesure avait imaginée en conclusion de leur cycle consacré à l’HABITER.

A la suite de cela nous avons appris que lors du workshop nous serions accompagnés par un « artiste ». En réalité il s’agit d’un designer d’interaction, Louis Eveillard, que j’ai eu l’occasion de connaitre suite à cette collaboration fructueuse.

Un premier Atelier était prévu le Samedi 17 Novembre d’une demi-journée destiné à tous publics, tandis qu’un Workshop à destination de professionnels et d’étudiants était organisé sur deux jours le Jeudi 6 et Vendredi 7 décembre 2018.

 

Mise en place de la méthode:

A la suite de cette « carte blanche » qui nous a été donnée par Stéréolux, nous avons consacré 3 réunions ensemble (Sur-Mesure, Louis et moi) à se mettre d’accord pour définir des objectifs, une méthode, et des outils ad hoc. Il a été décidé que nous irions « sur le terrain » avec les participant.e.s pour leur permettre de récolter des données in situ au cours d’une marche exploratoire.

Nous nous sommes rapidement mis d’accord sur le fait de donner à voir et de faire travailler les participant.e.s du Workshop sur l’idée de « Millefeuille » au sens d’un empilement de représentations cartographiques multiples et variées, qui relèveraient à la fois de données dites « sensibles/subjectives » et de données dites « rationnelles/objectives ».

NB : les résultats du workshop ont notamment montré que les notions de subjectivité et d’objectivité sont très relatives en fonction du point de vue considéré.

L’ATELIER

Objectifs:

1- Réaliser des cartes subjectives à la main par la « méthode des tampons ».
2- Rendre compte du rapport de chaque participant.e au territoire Nantais et en particulier à l’île de Nantes, notamment via l’analyse des usages, du ressenti, des émotions, des lieux aimés/mal aimés.
3- Expérimenter des outils et une méthodologie susceptibles d’illustrer, de regrouper puis de comparer des descriptions individuelles et subjectives de l’habiter.

L’Atelier devait être décomposé en deux temps :
Partie 1, « Du petit chez soi à la grande Métropole »: les participant.e.s mettent en forme leur carte mentale du territoire vécu et localisent à la fin l’île de Nantes à la fin de l’exercice.
Partie 2, « L’Île de Nantes, un territoire habité »: les participant.e.s décrivent leurs usages et représentations de l’île de Nantes.

La relation Atelier/Workshop

Les cartes subjectives de l’île de Nantes (partie 2 de l’Atelier) réalisées par les participants seront réutilisées dans le workshop de deux manières :
1- elles serviront de support pour guider les marches exploratoires du jeudi matin
2- elles alimenteront la couche « données sensibles » du workshop

LE WORKSHOP

Objectifs:
1- Donner à voir des représentations plurielles du territoire de l’île de Nantes (idée de mille-feuille) notamment via un outil en ligne* permettant d’empiler et de visualiser des calques hétéroclites avec un cadrage commun.
2- Faire dialoguer des données de type sensibles ET des données de type rationnelles (voir Data Set ci-dessous).
3- Produire pour chaque groupe de travail une visualisation problématisée de données de différentes natures.
4- Partager les résultats du workshop en ligne via un site internet librement accessible et manipulable.

*outil créé par Louis Eveillard pour l’occasion. Lien: https://millefeuille.latelier-des-chercheurs.fr/

Déroulement :
Jour 1
– lancement (rappel de l’Atelier, méthode/objectifs du workshop, présentation historique de l’Île et podcast d’A. Bellanger)
– marches exploratoires de captation de données sensibles sur le terrain via les perceptions directes des participant.e.s ainsi que via un système de captation de paramètres sensoriels par un boitier/smartphone augmenté de capteurs externes (photos, vidéos, sons, mais aussi niveau sonore, humidité et luminosité)
– débriefing collectif des premiers
– travail en salle et/ou sur le terrain

Jour 2
– travail en salle et/ou sur le terrain
– présentation des axes de recherche
– rendu final (10/20 min de présentation par équipe)

 

Les résultats:

L’ATELIER

15 personnes ont participé, de tous âges et horizons professionnels.
Ci-dessous des exemples de résultats obtenus pour la Partie 1, « Du petit chez soi à la grande Métropole », comme autant de cosmogonies de l’habiter nantais. Vous pouvez noter la présence de l’île tracée en noir.

A- personnes habitant hors de l’île:

Ex. 1

Ex. 2

 

B- personne habitant sur l’île :

Ex. 1

Ex. 2

 

Exemple de résultats obtenus pour la Partie 2, « L’Île de Nantes, un territoire habité »:

Ex. 1

Ex. 2

 

LE WORKSHOP

Les participant.e.s ont constitué 4 groupes en mixant les personne issues du « monde du design » de celles issues du « monde du SIG » (Systèmes d’Information Géographiques). Tout le monde est parti sur le terrain pendant 2/3 heures puis un premier débriefing collectif a permis de percevoir les premières pistes de travail.

Certain.e.s sont retournés sur site en fin d’après-midi, d’autre le matin du deuxième jour. Une deuxième réunion de présentation des orientations prises a eu lieu en début d’après-midi. Nous avons eu la visite d’un ingénieur « data smart city » de la Métropole Nantaise qui nous a parlé d’un travail en cours sur l’optimisation de la consommation énergétique. Rendu final à 17h (en présence d’un enseignant de l’école de design de Nantes).

Le groupe 1 présente une analyse des perceptions de ce qui relève de l’ancien et du moderne:


 

Le groupe 2 reboucle avec la présentation historique de l’île en décrivant une carte présentant les ISLES d’aujourd’hui:


 

Le groupe 3 explique que les participants de l’Atelier ont eu tendance à grossir le quartier de la création. Ils présentent une « carte-pinata » de l’île de Nantes qui est une synthèse des 15 cartes issues de l’atelier:

Ils ont tenter de rendre compte d’un « espèce d’espace ». Lors de leur présentation qui associe un panorama visuel avec des sons enregistrés sur le terrain, on se rend compte que le bruit de la route est plutôt agréable…
Ils concluent en ré-invoquant la mélancolie évoquée dans le poscast d’A. Bellanger.
 

Le groupe 4 s’interroge sur la fracture Est/Ouest de l’île qui est visible sur les cartes de l’Atelier et se demande ce qui est derrière le « triste et sombre » (verbatim d’un participant de l’Atelier). Un membre du groupe dit qu’il s’est rendu compte que la cartographie permet de « créer une réalité ».

Le groupe conclue en décrivant les couches de leur analyse avec un niveau de « réalité imaginée » [1/ carto subjective originale] issu de l’Atelier, un niveau de « réalité subjective de terrain » [2/ carto subjective de terrain], un niveau de « données objectives » [3/ données factuelles] analysant les localisations d’équipements sur l’île:

1/ carto subjective originale

2/ carto subjective de terrain

3/ données factuelles

Et après ?

Les résultats ont été exposés à Stéréolux à Nantes lors d’une journée de restitution aux partenaires nantais (dont Nantes City Lab), avec un espace démo.

Si vous êtes intéressé par l’organisation d’un tel travail sur votre territoire, n’hésitez pas à nous contacter.

Quentin Lefèvre on Twitter

L’espace DEMO des résultats de l’Atelier et du Workshop de cartographie sensible présentés aujourd’hui à un premier public de professionnels à @StereoluxLab cc @Revue_SurMesure @timetofirstfix / @LaboratoireAAU

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