Recherche POPSU Territoires / Château-Thierry
26 août 2020

Résidence Hôp hop hop à Besançon

Au printemps 2021, j’ai été convié par le superbe collectif d’architectes et urbanistes Hôp hop hop à réaliser une résidence de cartographie sensible du quartier Saint-Jacques à Besançon. J’étais également en compagnie du metteur en scène Mathurin Gasparini du Groupe ToNNe basé dans le Drôme ainsi que d’autres artistes et chercheurs locaux. Cette résidence a été financée par la Ville de Besançon ainsi que par la DRAC Bourgogne-Franche-Comté (service architecture).

Le collectif Hôp hop hop a créé un tiers-lieu central à Besançon (aussi bien culturellement que géographiquement), dans les locaux de l’ancien Arsenal de la ville, et qui accueille 60 résident.e. artisants/artistes/thérapeutes. Il s’agit d’un projet d’urbanisme transitoire exemplaire à l’échelle régionale et nationale.

Mon intervention s’est réalisée en deux temps :

1_en MARS : résidence d’une semaine pour cadrer les questions d’outils/méthodes et accompagner à la récolte des données. J’ai également donné une conférence sur la cartographie sensible. Elle a été enregistrée et est visible ICI.
2_en MAI : résidence d’une semaine pour mettre en forme les données récoltées précédemment.

Ce diagnostic sensible du quartier vise à produire de la connaissance en termes de perceptions, d’usages et de ressentis de ce quartier urbain central (dont fait partie la Mairie). Ceci à l’approche d’une vaste opération de renouvellement urbain qui va transformer un élément majeur du patrimoine et de la mémoire locale (l’ancien hôpital de la ville centre) en un futur éco-quartier aménagé par le groupe Vinci.
Le collectif Hôp hop hop se situe à l’interface entre la mairie et les habitant.e.s usager.e.s.

 

Détail des résultats de la résidence de cartographie sensible :

 
Les données de perception des habitant.e.s et usager.e.s du quartier ont été récoltées via deux méthodes :

1/ inscription des perceptions sur un fond de plan du quartier + tracé des limites perçues du quartier + utilisation de tampons pour qualifier et localiser ses ressentis.

2/ réalisation d’entretiens individuels semi-directifs dans l’espace public jouxtant l’Arsenal.

 

1_Traitement des données récoltées sur fond de plan :

 

Une question de LIMITES :

J’ai tout d’abord traité la question des limites car elle est apparue assez centrale dans les question que se posaient les membres du collectif et l’équipe d’artistes en résidence.

Ainsi j’ai traité dans un premier temps les données brutes des limites perçues du quartier Saint-Jacques. Ici se superposent les tracés des 20 limites du quartier qui ont été récoltées :

 

Ensuite,j’ai traité des données en effet « ilôt de chaleur » afin de mieux distinguer les zones en commun

 

Puis j’ai cherché à monter la variabilité de récurrence des limites perçues du quartier, en ayant ici en tête les travaux de Kevin Lynch mais appliqués ici à l’échelle d’un quartier. Ce qui nous donne la carte suivante :

 

Enfin je me suis intéressé aux « noeuds perceptifs », indiquant une divergence de perception de localisation des limites du quartier.

 

Et pour conclure cette partie d’analyse des limites du quartier, j’ai réalisé cette carte à la fois esthétique et informative :

 

Une question d’AFFECTS :

Je me suis ensuite attaché à rendre compte des affects et de leur localisation. J’ai dressé dans un premier temps des cartes thématiques sur le sujets suivants : sites appréciés, sites non appréciés, sites inconnus, sites qui font peur, sites qui proposent des vues. Ces 5 paramètres sont superposés dans la carte suivante :

 

J’ai pu ensuite dresser une carte du « zonage affectif », avec des clusters de perceptions qui parfois de superposent, indiquant là une richesse et parfois des contradictions de perceptions fort riches de sens.

 

2_Traitement des données récoltées par questionnaires :

 

Les données ici récoltées et traitées par questionnaire sont de même nature que celles que j’ai déjà traité dans les diagnostics sensibles du corridor ferroviaire de Saint-Quentin-en-Yvelines ou de Château-Thierry (projet de recherche POPSU Territoires). Sauf qu’ici la différence réside dans l’échelle d’analyse choisie, à savoir celle du quartier.

Les questions qui ont été posées sont les suivantes : Quels sont les repères du quartier ? Quels sont les lieux que vous aimez ? Quels sont les lieux que vous n’aimez pas ? Quel est le patrimoine du quartier ?

J’ai également réutilisé le rendu en histogrammes qui fonctionne très bien.

Après un travail d’analyse statistique, j’ai dressé des cartes thématiques pour chaque question posée, puis j’ai réalisé un classement des lieux par typologies. Et j’ai réalisé une spatialisation des histogrammes de perception de chaque lieu qui une fois agglomérés sur un fond de plan dresse la topographie perceptive du territoire, donc ici du quartier Saint-Jacques.


 

Photographie aérienne de la « boucle » de Besançon, c’est à dire le centre ville historique dessiné par le tracé du Doubs. La citadelle est visible en bas à droite. Noter qu’ici le Nord est au Nord, contrairement aux autres carte qui ont été volontairement désaxées.